• ou de guillotine... au choix

    Je m'attaque à ce sujet que je dois traiter depuis que la nouvelle est tombée jeudi mais c'est un "gros" morceau.

    Lors de l'annonce du projet de budget 2018 pour la Norvège, ce qui inclut aussi une grosse partie du budget du Svalbard et de Longyearbyen, il a été annoncé que l'état norvégien n'envisage pas de réouvrir les mines de Svea et Lunckefjell, fermées provisoirement pour 3 ans  il y a 2 ans (vous suivez, là ??). L'idée était de laisser le temps au cours du charbon de remonter, de trouver des marchés plus "exclusifs" (comme de vendre le charbon pour la métallurgie) et d'essayer d'exploiter de façon rentable, ce qui n'avait pas été le cas les dernières années (entre autres... il y a en fait eu peu de périodes où ça a été rentable)

    Une petite carte pour localiser les choses

    Le coup de massue

    les 3 points rouges : Longyearbyen en haut, Sveagruva en bas à droite, Barentsburg le plus à l'est

     

    La 1ere réaction est sans doute pour beaucoup de se réjouir, mais y a-t-il vraiment de quoi se réjouir ??

    1er point : environnemental

    C'est sûr que de ne pas exploiter le charbon est mieux pour l'environnement que de l'exploiter, mais ce n'est pas si simple... D'une part, ce sont les norvégiens qui arrêtent l'exploitation, ils vont donc perdre leur licence pour cette mine. Rien n'empêche, a priori, que quelqu'un d'autre reprenne l'exploitation... et on a 2 bons clients pour cela : la Russie qui ne demande que ça (il leur faut une raison pour rester au Svalbard et l'activité minière à Barentsburg bat de l'aile, ils ont des conditions beaucoup plus difficiles que dans les mines norvégiennes actuellement en exploitation - en fait, ils avaient un projet de réouvrir Grumant, une ancienne mine à eux qui n'avait pas l'air super rentable non plus) ou la Chine qui a récemment signé le traité du Spitzberg et a donc parfaitement le droit de s'installer ici... et les mines de charbon, ça les connaît

    Si quelqu'un s'interroge sur la rentabilité, je pense que c'est un problème annexe. La Russie et la Chine veulent avoir un pied ici, peu importe ce que ça leur coûte... et, à mon avis, ils n'auront pas de problème à rendre l'exploitation rentable parce que leurs salaires et conditions de travail sont sans commune mesure avec celles des norvégiens.

    La Norvège peut essayer de ne pas autoriser l'exploitation par un autre pays mais cela paraît difficile alors qu'elle exploitait elle-même et que les arguments avancés haut et fort pour ne pas relancer l'exploitation sont économiques et pas environnementaux. Comme on est déjà dans une période de tension avec la Russie et l'Europe quant à savoir si le socle continental est régi par le traité du Spitzberg ou est purement norvégien, cela paraît peu probable que le risque soit pris d'envenimer les choses avec un nouveau sujet de discorde.

    En plus, si quelqu'un reprenait la mine et l'infrastructure qui va avec, la Norvège fera de grosses économies sur le "nettoyage". Parce que quand on cesse d'exploiter, on doit remettre dans le même état qu'avant... Encore un truc super logique : les vieilleries liées à l'activité minière autour et dans Longyearbyen sont protégées (vénérées ??) mais ce qui est nouveau est sans valeur. Vous trouvez ça logique, vous ? Ce qui est vieux a été neuf un jour, ce qui est neuf maintenant pourrait devenir vieux. Ce qui à 50 ans aura-t-il plus de valeur que ce qui est de maintenant, pour un historien dans 100 ans ?? On devrait tout enlever ou tout garder, mais je ne vois pas de raison de faire une différence.

    Bref bref...

    2e point par rapport à l'aspect environnemental... si on arrête d'exploiter le charbon, il va falloir trouver autre chose pour créer des emplois, des revenus et de l'activité. Ce n'est pas charbon ou rien... c'est charbon ou quelque chose d'autre.

    Et là, une question intéressante est de savoir ce qu'on va nous trouver comme idée. L'exploitation du charbon a mauvaise réputation mais est-ce bien justifié ? c'est une exploitation peu polluante (pour ainsi dire pas de produits chimiques impliqués, "notre" charbon est de très bonne qualité avec peu de soufre), ça fait tache dans le paysage parce qu'il y a de la poussière noire de charbon mais ce n'est pas à proprement parler une pollution, ça fait fondre plus vite la neige ce qui a des aspects positifs et négatifs pour la faune et la flore.  En gros, on enlève quasiment seulement la veine de charbon par opposition à d'autres exploitations de minerais où il faut creuser des tonnes de roches pour quelques grammes/kg de métal ou minéraux précieux. Quand je parle de ça, j'ai particulièrement en tête l'exploitation de l'or. L'or est peut-être bien vu parce que c'est un métal noble mais les mines sont une pure cata avec des saloperies de produits chimiques... et exploiter l'or au lieu du charbon, c'est quelque chose qui a été évoqué à plusieurs reprises.

    Autre aspect de la mauvaise réputation du charbon : le bilan carbone... là aussi, ça dépend de quoi on parle. L'exploitation en elle-même libère du méthane, ce qui n'est pas bien pour le bilan carbone mais ce ne sont pas des quantités énormes. Le principal problème vient du transport (à la fois du carbon lui même et du personnel) mais c'est pas pire que le transport des touristes en avion. Et enfin, tout le monde associe le charbon aux centrales à charbon et c'est la cata, mais on a besoin de charbon dans la métallurgie, en particulier pour l'acier (fer + un peu de carbone) et ça, on n'est pas prêt de s'en passer, surtout si on veut limiter l'utilisation du plastique pour les emballages. Donc là encore, tout dépend de ce qu'on va faire à la place : si vous arrêtez l'exploitation du charbon mais doublez l'activité touristique pour "compenser", le bilan n'est pas positif du tout.

     

    Ceci c'était pour l'aspect environnemental.... maintenant, quelles vont être les conséquences pour Longyearbyen ? Difficile à prévoir... l'avenir nous le dira. L'exploitation du charbon de la mine n°7 au fond de la vallée va se poursuivre pendant 10-15 ans selon les estimations et tant qu'on utilise la centrale électrique actuelle, on est dépendant de ce charbon... on ne va donc pas tout de suite perdre la centaine d'emplois qui existent encore dans Store Norske (la compagnie qui exploite le charbon). En plus de ceux qui travaillent dans la mine 7, il est prévu une quarantaine d'emplois pour s'occuper du nettoyage/démantèlement. ça ne crée pas d'emplois non plus : actuellement, il y avait des gens qui travaillaient toujours à Svea pour maintenir les installations dans une condition permettant la réouverture éventuelle.

    Un raisonnement simpliste est aussi de dire que de toute façon, ça ne rapportait pas d'argent puisqu'ils étaient déficitaires. C'est bien évidemment plus compliqué que ça... la compagnie était déficitaire donc logiquement ne payait pas d'impôts ici certes mais à la plus belle époque, il y a 5 ans environ, il y avait plus de 350 employés, tous avec des salaires très confortables et tous ces employés payaient leurs impôts ici. J'aimerais bien mettre la main sur le bilan des impôts encaissés ici

    En 2012, ils ont versé 300 millions de nok en salaire pur (divisez par 10 en gros pour avoir en euros on n'est pas à ça près; 9,3 pour les puristes).

    Les salaires sont taxés normalement à 16,2% (ou plus pour les salaires les plus élevés), 8% restent ici (le reste c'est pour le régime des retraites et la sécu), soit 24 millions dans les caisses locales.

    Si on compare avec le plus gros acteur actuel, Hurtigruten Svalbard (anciennement Spitsbergen Travel), actuellement 223 employés, le double des employés actuels de Store Norske... on peut donc se dire que tout va bien.... sauf que ces employés sont souvent des guides, des saisonniers, des temps partiels, avec des salaires pas très reluisants comme souvent dans le tourisme. Salaires versés l'an passé 68 millions  soit 5,5 millions dans les caisses locales... Comme ils ont fait des bénéf, eux, la compagnie a payé 5 millions d'impôts mais je ne sais pas si tout reste ici. De toute façon, l'un dans l'autre, on est en dessous de la moitié de ce que rapportait Store Norske en 2012.

    Bien sûr, il fallait combler le déficit, mais c'était de l'argent norvégien, pas local.

    A ceci on peut ajouter les emplois indirects liés à l'activité minière et assurés par des sous-traitants + le fait que Store Norske sponsorisait un certain nombre d'événements + le fait que les employés, bien payés, consommaient plus en ville que les guides aux salaires misérables. 

    Et si on s'intéresse au 3e pilier actuel d'activité à Longyearbyen : l'université et la recherche... ils sont eux aussi en négatif, de 5 millions en 2016 donc pas d'impôts et 62 millions versés en salaires, donc un peu moins d'impôts payés localement par les employés (et d'ailleurs, c'est même pas sûr que tout soit payé ici parce qu'il y a des intervenants et qu'il faut habiter ici 50% de l'année au moins pour payer ses impôts ici)... et les étudiants, on sait qu'ils n'ont pas d'argent et que c'est pas eux qui sont de gros consommateurs locaux. Faut pas compter sur eux pour faire tourner l'économie locale

    Bref bref... Il sera intéressant de voir dans quel état seront les finances locales quand on n'aura plus que les emplois liés à la mine 7, voire plus tard quand ces emplois auront disparu aussi.

    Le parti des verts nous a annoncés ces dernières années qu'on n'avait pas besoin de l'exploitation minière, qu'on  a plein d'emplois à créer pour le tri des déchets... je demande à voir... et je ne vois pas très bien comment ça va rapporter de l'argent, ne serait-ce que suffisamment pour payer le salaire des employés.

     

    Conclusion

    Les norvégiens arrêtent l'exploitation de Svea et Lunckefjell mais quelqu'un d'autre va très certainement reprendre le flambeau ou on se tape une crise internationale si la Norvège essaie de l'empêcher

    Pour compenser, on crée des emplois dans une autre activité qui a de fortes chances d'être pire pour l'environnement (mais qui est plus politiquement correct de prime abord alors l'honneur est sauf)

    Les finances de Longyearbyen se cassent la gueule alors que les russes ou les chinois s'enrichissent (trop contents de profiter du milliard d'investissement de la Norvège dans Lunckefjell qui n'aura jamais été mise en production)

    Le % de norvégiens vivant à Longyearbyen s'écroule alors que le % d'étrangers ne cesse d'augmenter (c'est déjà le cas mais on va accélérer les choses) parce que les norvégiens veulent des emplois "nobles" et/ou bien payés alors que les étrangers veulent juste être là

     ça promet !

     

    Article pas sexy, indigeste et à rallonge, mais parfois faut être un peu sérieux 

     

    Pour ceux que ça intéresse d'aller voir la comptabilité de Store Norske (section mine), Hurtigruten Svalbard et UNIS

    https://www.proff.no/regnskap/store-norske-spitsbergen-grubekompani-as/longyearbyen/-/Z0I4LRMC/

    https://www.proff.no/regnskap/hurtigruten-svalbard-as/longyearbyen/reiselivstjenester/Z0I4LRQM/

    https://www.proff.no/regnskap/universitetssenteret-på-svalbard-as/longyearbyen/forskning-og-utvikling/Z0I4LP6M/

     


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  • Il y a parfois des trucs dont la logique m'échappe... alors que le projet de  budget 2018 pour la Norvège a été rendu publique jeudi et qu'on a découvert que Svalbard recevrait moins de moyens qu'espéré, notamment pour le projet de construction des pare-avalanches, pare-glissements de terrain et autres cata, une discussion sur Facebook a été lancée alors que les gens s'étonnaient de l'aspect des travaux préparatoires pour la mise en place d'une piste piétons/cyclistes au nord de l'école... il était temps vous me direz... une piste avait mise en place dans le cadre de la construction des quartiers Elvesletta Nord et Elvesletta Sud, mais entre les 2 pas de pistes et entre Elvesletta Sud et l'école pas de piste non plus. Il est officiel conseillé aux piétons et cyclistes de passer par un autre chemin, plus sûr mais plus long, plus tarabiscoté et avec plus de dénivelé... chemin qui implique de plus de passer par le pont enjambant Vannledningsdalen où le risque de coulée de boue/neige entraîne la fermeture du point par périodes... bref... pas très logique et pas très pratique.

    Pour clarifier pour ceux qui ne connaissent pas (= la majorité) un petit plan

    Logique implacable

    Elvesletta Nord c'est la zone en blanc marquée D8

    Elvesletta Sud c'est la zone en blanc marquée D24-D13

    L'école et le gymnase sont dans la zone rose saumoné marquée S6

    et sur ce bout de carte, je vous ai indiqué en noir le chemin conseillé pour éviter le bord de la route dangereux surtout pendant la période sombre

    Logique implacable

    sur la carte on ne voit pas que ce chemin noir monte et descend pour rien

    Donc, ça a été une très bonne nouvelle d'apprendre qu'ils allaient mettre en place la portion manquante entre Elvesletta Sud et l'école.

    Logique implacable

    image empruntée sur facebook

    Pour expliquer le progrès dans cette première phase, il faut savoir qu'il n'y avait pas de place à droite de la route... le talus attaquait directement au bord de la route. Donc ils ont remblayé pour créer une zone aménageable mais pourquoi y a-t-il une zone en retrait me direz-vous ?

    Si vous regardez bien, au niveau de cette zone en retrait, il y a 3 blocs de béton (en fait 4 mais on n'en voit que 3 sur la photo) qui sont en fait les fondations d'une ancienne construction du funiculaire à charbon. Vous pensez peut-être qu'on s'en tape royalement de fondation d'un de ces bidules dont on a un nombre incalculable (mais certainement calculé en fait) dans les environs... mais non non... tout ceci est protégé, ça fait partie du patrimoine historique, et non seulement les objets par eux-mêmes sont protégés mais il y a un périmètre de sécurité autour.

    Il a donc fallu que le conseil municipal demande une dérogation pour obtenir l'autorisation d'empiéter sur cette zone de sécurité mais il a fallu trouver un compromis et des gens ont beaucoup réfléchi pour arriver à ça :

    Logique implacable

    une usine à gaz pour protéger 4 blocs de bétons qui sont de toute façon sous la neige 7 à 8 mois de l'année... est-ce qu'on ne marche pas un peu sur la tête ???

    Ils auraient remblayé tout du long, on aurait recouvert 1 ou 2 blocs et ça ne les aurait pas abîmés si on avait voulu leur faire revoir le jour... un jour.

    Donc, en résumé, on n'a pas assez d'argent pour protéger les gens et les habitations, mais on est obligé de dépenser du fric pour protéger des blocs de béton du patrimoine historique... hystérique.

    Et le manque de logique ne s'arrête pas là... j'aborderai peut-être le sujet demain si j'arrive à ramasser suffisamment de force et que j'arrive à ne pas m'énerver

     

     

     


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  • C'est l'automne et le retour des réunions d'information sur les glissements de terrain, les avalanches et autres risques naturels.

    La neige se fait attendre mais pour certains, ça doit presque être un soulagement... parce que, ce soir, on vient de nous annoncer la couleur. Il n'y aura pas de système pare-avalanche avant l'hiver et il faut s'attendre à plus d'évacuations cette année parce qu'après la boulette de février (2e avalanche qui a atteint et endommagé des habitations alors qu'il n'avait pas été nécessaire d'évacuer les gens), les marges de sécurité vont être élargies et le souhait est aussi d'éviter les évacuations dans l'urgence et donner aux gens une journée environ pour évacuer calmement et de façon planifiée. ça part bien sûr d'un bon sentiment, mais est-ce vraiment réaliste quand on sait la difficulté à prévoir la météo ici  et que dans les conditions extrêmes, c'est encore plus difficile. Bien sûr, évacuer les gens en catastrophe au milieu de la nuit, c'est pas vivable quand ça se reproduit mais il faut peut-être taper entre les 2. Le plus tôt on doit décider d'évacuer, plus grandes doivent être les marges et plus nombreuses seront les évacuations. ça va être sport !!

    La bonne nouvelle, c'est que la situation devrait largement s'améliorer l'an prochain et les systèmes pare-avalanches devraient être en place avant l'hiver 2018-19.

    Quelles protections ? ça, c'est pas encore 100% sûr. ça dépend du budget national qui sera annoncé la semaine prochaine. Mais ça a l'air violent ! Je ne sais pas si on va encore reconnaître l'endroit où on vit. 

    Quelques illustrations photographiées à l'arrache pendant la réunion,

    j'ai raté la 1ère une construction pour retenir la neige et la faire s'accumuler là où ce n'est pas dangereux, un genre de "mur" de 5/6 m de haut je crois

    à un autre endroit cette chose pour protéger la zone en contre-bas d'un couloir d'avalanche ou/et de glissement de terrain 3m de haut, 200 m de long oh

    ça ne présage rien de bon

    un genre de talus pour récupérer l'eau et la faire s'évacuer dans une zone où elle ne risque pas de créer de glissement de terrain (400 m de long)

    ça ne présage rien de bon

     

    plus compliqué (encore) et plus incertain : la zone au dessus des maisons aux toits pointus (turlututu) = là où ont eu lieu les 2 avalanches déc 2015 et fev 2017

    alors là, on ne sait pas si on doit rire ou pleurer

    ça ne présage rien de bon

    l'idée est de construire un long talus dont la hauteur dépend bien sûr de la distance au flanc de montagne. S'il est placé juste en contre-bas et protège toutes les habitations actuellement présentes, il faut un talus jusqu'à 23 m de hauteur à l'endroit le plus haut (en rouge).

    Si on renonce à la 1ere rangée d'habitations, la hauteur atteint 14m (en violet)

    Si on renonce à 2 rangées d'habitations, le talus doit faire entre 5 et 8.7 m (vert).

    Donc soit on massacre le paysage et ça coûte une fortune, soit on construit un truc de toute façon cher et énorme mais en fait, il ne reste plus grand chose à protéger ! C'est un peu absurde.

    Une simulation de à quoi ça ressemblerait (parce que évidemment, il ne faut pas penser qu'à la hauteur mais à la largeur aussi)

    ça ne présage rien de bon

     

    ou avec une combinaison de solutions : sous le sommet de Sukkertoppen un truc comme sur la 1ere photo et en bas un talus

    ça ne présage rien de bon

     

    et là on arrive au problème suivant : la petite vallée sur la droite de la photo, Vannledningsdalen... où historiquement, il  y a déjà eu des coulées de boues/neige/slush meurtrières et qui ont atteint l'autre côté de la vallée principale... rien que ça

    ça ne présage rien de bon

    il existe déjà un talus d'un côté mais le projet est de le prolonger et d'en construire un autre de l'autre côté de la vallée

    et on arrive au dernier des soucis... principaux parce que les autres ça va attendre un moment... la rivière principale. Comme la partie principale de la ville (actuelle) a été construite dans le lit de la rivière, il faut empêcher qu'elle reprenne de vieilles habitudes. Pour le moment, c'était une bataille tout l'été +++ pour contraindre la rivière dans son lit actuel en travaillant les berges au bulldozer, il va maintenant y avoir une sécurisation permanente. Mais pour cela il faut des gros rochers, qu'on n'a pas ici... on vient donc de recevoir une livraison de Norvège ! oh et les travaux devraient prendre tournure la semaine prochaine. Plus haut dans la vallée, au dessus de l'école, il y aura un bassin de rétention des sédiments et autres dépôts.

    J'imagine qu'une conséquence sera une belle piste de motoneige jusqu'à ce bassin mais qu'elle s'arrêtera là. Dans le même temps, ils envisagent d'interdir l'accès l'hiver (ou tant qu'il y a de la neige) dans le contre-bas de Sukkertoppen où passe une autre piste de motoneige... comment va-t-on faire ? c'est un "on" vraiment indéfini parce que si c'est comme l'hiver dernier, je ne m'inclurai pas dans le "on" winktongue

     

    ça promet, non ?

    Moi, je vous dis... la seule solution raisonnable, c'est de déménager toute la ville vers un endroit plus judicieux (et ça ne serait pas facile de trouver moins judicieux !)

     

     

     


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  • ça faisait longtemps ! On a eu droit hier à un nouveau specimen de gros c...... gros boulet si vous préférez... mais ce genre de truc, ça me fout les nerfs.

    En bref, voilà l'histoire... un touriste italien comme on aimerait ne pas en avoir, qui va se promener tout seul dans un coin que visiblement il ne connait pas/ maîtrise pas : Fuglefjella, la montagne après Bjørndalen.

    Les gens normaux remontent la vallée de Bjørndalen (l'été, le challenge est souvent de traverser la rivière) et plus dans les terres, on tombe sur une zone praticable pour se taper l'ascension des 500 m qui sont autrement trop abruptes. A part qu'il y a toujours des malins pour tester autre chose ou se croire plus rusés que les autres apparemment.

    En l'occurence, ça s'est terminé hier à 16h20 par un appel à l'hôpital de notre italien (qui au lieu d'appeler le Sysselmann a appelé le 113 dans une logique européenne qui ne s'applique pas ici et en Norvège d'une façon générale... donc 1er conseil, quand vous allez à l'étranger renseigner vous sur les n° d'urgence à appeler selon la situation). Pour je ne sais quelle raison (langue, qualité du son, incompétence...??), le contenu de la conversation est resté assez flou, l'italien était coincé dans un flanc de falaise (??) en bonne santé apparemment et bien couvert mais il n'osait plus bouger de là où il était, il aurait dit pouvoir voir l'aéroport et des cabanes. La conversation a été ensuite coupée ou il a raccroché, allez savoir et ils n'ont pas pu le rappeler (là encore pour des raisons obscures). Toujours est-il qu'il fallait le trouver pour le sauver mais qu'on ne savait pas où il était (ce n'est que plus tard qu'on a su qu'il s'agissait de Fuglefjella). 

    A 17h30, les premières patrouilles de la Croix Rouge ont commencé les recherches parce qu'il y avait beaucoup trop de vent pour faire une recherche en hélico. Moi, je n'étais au courant de rien jusqu'à ce que l'alerte "générale" Croix Rouge soit lancée à 19h. Le temps d'empaqueter l'essentiel et remettre la main sur une veste reflex et la lampe frontale (je n'étais pas encore prête pour le mode nuit) et hop, direction le dépôt de la Croix Rouge... la voiture m'a permis d'être beaucoup plus efficace. D'autres patrouilles ont été envoyées dans les coins un peu scabreux d'où on peut voir l'aéroport et moi, j'attendais sagement et patiemment qu'on me donne une mission... quand tout à coup, rebondissement, Telenor (la compagnie de téléphone) avait localisé un contact avec le téléphone du gars près de Barentsburg. Gros doute... peut-être que quand l'italien parlait de l'aéroport, il parlait en fait de l'héliport de Kapp Heer, près de Barentsburg. Du coup, une équipe est envoyée en hélico... et Sophie en fait partie... un peu soucieuse d'avoir le mal de l'air... trop de vent pour faire des recherches en hélico, ça ne présage rien de bon. En fait, tout s'est bien passé et je suis restée étanche (et digne). Le temps d'être là-bas, il devait être 21h30 ou un truc dans le genre donc il faisait nuit et nous voilà à ratisser la zone à la frontale en essayant de faire quelque chose de logique, sous les ordres de quelqu'un de la police. Un peu avant minuit, on est bedrouille et on se demande quelle stratégie adopter.... mais bonne nouvelle : on apprend que l'italien (ou quelqu'un en tout cas) a été repéré à Fuglefjella par le bateau du gouverneur qui a des méga super projecteurs de folie, dans le haut de la falaise, côté mer ! un endroit où c'est super abrupte ! évidemment que ça ne pouvait pas marcher !!!! Un boulet je vous dis.

    Du coup, "mon" groupe arrête ses recherches et un hélico vient nous rechercher. En chemin, on passe le long de la zone du drame et tout le flanc de la montagne est éclairé par le Polarsyssel : oui, c'est vraiment très très abrupte ! oh

    Je ne sais pas si c'était exactement là, mais en gros ça ressemble à ça

    Le gros boulet !

    ou la version carte topo de toposvalbard

    Le gros boulet !

    photo empruntée à la page wiki (photographe Bjoertvedt ??)

     

    Mais ce n'est pas pour autant qu'on est au bout du drame. L'hélico ne peut toujours pas voler si près de la montagne. Il faut qu'une équipe de la Croix Rouge aille récupérer le boulet à partir du plateau, ce qui implique d'y monter par le chemin normal ce qui n'est pas la porte à côté, et avec tout le matos (qui sert normalement à secourir des gens qui tombent dans des crevasses). Apparemment, ils ont réussi à le récupérer vers 5h du mat.

    Donc, avec sa stupidité, il aura bien fait suer le monde et pas mal de temps + les dommages collatéraux : j'ai cru comprendre que quelque chose organisé pour des enfants avait été annulé aujourd'hui à cause de cette opération d'envergure.

     

    Ce genre de truc m'énerve au plus haut point... non pas pour ma petite personne, je n'avais rien contre un petit tour en hélico, ça faisait longtemps...) et c'était pas désagréable de faire une petite "promenade" nocturne, j'étais bien habillée donc je n'avais pas froid... mais je pense à tous les autres et en particulier ceux qui ont dû grimper là-haut + prendre des risques pour aller le chercher... on n'a pas de la bonne roche pour l'escalade au Svalbard, tout part en morceaux.

    Bien sûr, "shit happens" comme on dit et n'importe qui peut avoir besoin d'être secouru un jour ou l'autre. Mais il est permis de réfléchir avant de faire n'importe quoi, se renseigner et il y a une raison si on conseille fortement à tous les touristes de faire des sorties guidées !

    Mais j'imagine qu'il retiendra la leçon parce que ça n'a pas dû être super cool de rester coincé là plus de 12h.

     

    Quant à la "localisation" du tel portable près de Barentsburg, j'imagine que tout ce que ça voulait dire c'est que l'antenne près de Barentsburg avait reçu le signal et que notre italien était donc dans une zone de "visibilité" de cette antenne. J'ai essayé de demander plusieurs fois ce que signifiait cette histoire de localisation et je me doutais un peu que c'était un truc dans ce genre, mais certains semblaient croire que ça avait à voir avec le positionnement GPS du portable.

    Le gros boulet !

     

    En fait, si on avait compris ça, ça aurait permis de se douter rapidement qu'il était sur ce versant et non pas dans 90% des zones patrouillées. Mais bon, c'est facile de comprendre a posteriori wink2 Un truc à avoir en tête pour la "prochaine fois" (même si on espère qu'il n'y en aura pas)

     

     


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  • 1er point : la grève... elle n'a finalement pas eu lieu car les syndicats et la direction ont réussi à se mettre d'accord (un truc qu'on ne sait pas faire en France), mais SAS avait anticipé et voulu limiter la merdasse en annulant 100 vols (il vaut mieux annuler que d'avoir tous les gens qui se pointent dans les aéroports) et parmi les 100 vols, il y avait le vol Oslo-Tromsø-Longyearbyen (et retour) de jeudi... vol que devait prendre une personne vivant ici et souffrant d'un cancer, et il devait prendre ce vol pour se rendre à l'hôpital et recevoir son traitement. Un coup de fil à VG (un journal norvégien de qualité douteuse) et SAS a décidé d'envoyer quand même un avion... un petit coup de marketing... en tout cas, tout est bien qui finit bien

     

    2e point : les ours... alors que l'hélico du gouverneur avait à peine fini d'oeuvrer pour dérouter maman ourse et ses 2 petits qui trainaient encore dans le coin mercredi, nouvel appel... un ours qui faisait des siennes dans des cabanes à Kapp Laila (pour situer, en gros, quelque part sur le chemin de Barentsburg en passant par la côte) et avait obligé 3 personnes à rebrousser chemin, apparemment un peu traumatisés... L'hélico du gouverneur les a récupérés et ils ont eu droit à un petit contrôle à l'hôpital... Physiquement tout allait bien au moins. Le lendemain matin, nouveaux signalements d'un ours qui sévit dans les cabanes à Kapp Laila et qui pourrait être blessé. Nouvelle mission pour l'hélico avec des gens de l'institut polaire norvégien qui ont endormi le coupable pour vérifier s'il était blessé ou pas. Tout allait bien wink2 mais comme c'est un ours qu'il ne vaut apparemment mieux pas avoir dans les parages, ils l'ont transporté à Edgeøya

    Petit bilan de ces derniers jours

     

     

    3e point qui date en fait de la semaine dernière.. encore une histoire d'hélico, mais pas un succès cette fois. Lors d'un transport de carburant pour alimenter un relais d'Avinor (pour le trafic aérien), une sangle a lâché et pouf/plouf...  des barils contenant 1600 L de diesel ont atterri (et explosé) dans une rivière près de Pyramiden et assez rapidement les 1600 L de diesel ont fini dans le fjord... oups! boulette ! oh no ça sent la grosse amende ! Comme ce sont les services du gouverneur qui géraient le transport, ils vont pouvoir se donner une amende à eux-mêmes...

    Petit bilan de ces derniers jours

    photo sysselmann

    Un étudiant qui trainait dans le coin a immortalisé la scène... difficile de nier !

    Petit bilan de ces derniers jours

    vous avez même la possibilité de voir le film en cliquant !

     

    Et enfin... Les Cora Balls sont arrivées... normalement, je ne devais pas en avoir parce que mon quartier ne fait pas partie de la zone d'étude (pour ceux qui ne savent pas de quoi il est question, voir l'article précédemment publié le 4 juillet), mais j'ai fait du charme et négocié... on est 12 apparts avec 2 machines à laver collectives donc 1 boule  suffit presque (idéalement, il en faudrait 2 mais on ne va pas abuser)

    Petit bilan de ces derniers jours

    Je l'ai placée sur une feuille A4 pliée en 2 pour donner l'échelle

     


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