ça me rappelle un sketch des inconnus... la migration, c'est les oiseaux qui volent... l'immigration... je censure la suite, ce n'est plus politiquement correcte. Je suis moi-même une immigrée donc je peux me permettre.
Dans le cadre des séminaires organisés par le Sysselmann, Unis et l'Institut polaire norvégien, il y en avait un sur la migration des oiseaux.
J'espère que je n'en ai pas déjà parlé... sinon, faut pas s'inquiéter (j'espère) : j'alzheimerise toujours un peu à la fin de la nuit polaire.
La 1ere des questions à 10 francs (à 1 euro ou ce que vous voulez), c'est pourquoi les oies migrent en fait...
Eh bien, c'est parce qu'elles préfèrent l'herbe de "printemps" plus riche en protéines, elles migrent donc vers le nord au fur et à mesure que la belle herbe jeune et verte pousse avec ardeur.
Je me permets d'emprunter des dias de la présentation de Maarten Loonen qui migre au Svalbard tous les "étés", comme les oies, depuis une trentaine d'années.
Et d'où viennent nos oies (il s'agissait des bernaches nonnettes) : d'Angleterre après avoir transité par la côte ouest norvégienne
source : Maarten Loonen
Un truc rigolo que j'ai appris, c'est que les oies ont un système digestif court et peu efficace pour l'extraction des nutriments (le transit se fait trop vite) alors que pour les rennes, c'est le contraire...

source : Maarten Loonen
Le résultat c'est que les rennes, pas cons (pas aussi cons qu'ils n'en ont l'air) mangent les fientes d'oies et sont capables d'en extraire plein de nutriments

source : Maarten Loonen
mais il y a deux qualités de fientes... les oies qui n'ont pas de petits laissent la place aux oies qui en ont et s'écartent des zones les plus riches et se contentent d'une nourriture plus pauvre du type mousse. Leurs fientes sont plus marron que celles des autres oies qui se nourrissent d'herbe verte.
Les rennes, toujours pas cons, sont sélectifs comme l'a montré une petite expérience : dans une zone découpée en 4 carrés, ils ont disposés des fentes des 2 qualités

source : Maarten Loonen
et le résultat est net : les rennes n'ont pas touchés aux fientes marronnasses (celles des mousses, pauvres en nutrimentsà maus ce sont bien servis sur les autres... marrant, non ?

Un autre sujet abordé est la date de migration... parce que comment ces pauvres oies peuvent savoir quand elles doivent migrer ?? et bien elles ne le peuvent pas... elles font juste de leur mieux, basé sur les années précédentes.
Un problème est que l'arctique se réchauffe beaucoup beaucoup plus vite que le reste de la planète et que du coup, elles n'ont pas forcément des indications qu'elles devraient anticiper leur départ là d'où elles viennent

source : Maarten Loonen
Un autre problème est que même si la tendance est nette: la neige disparait de la toundra de plus en plus tôt, la variabilité d'une année sur l'autre est énorme, à tel point qu'en 2014, la neige n'a jamais fondu aussi tard. ça ne simplifie pas la vie de nos oies qui, si elles arrivent trop tôt, se retrouvent le bec dans l'eau dans la neige et doivent attendre patiemment que la neige fonde

source : Maarten Loonen
Ils ont aussi étudié la date de l'éclosion des oeufs et cela montre que les oies s'adaptent mais il leur faut un peu de temps pour assimiler la tendance. Elles pondent maintenant leurs oeufs 2 semaines plus tôt que dans les années 90

source : Maarten Loonen
Un autre problème qui s'est rajouté est la prédation par les ours. Alors qu'il n'y avait presque aucun ours sur la côte ouest dans les années 80-90, les chercheurs qui étudient les oies sur le terrain en observent maintenant 1 tous les 3 jours en moyenne et ces ours font des dégâts énormes dans les nids. Quelques ours et la place est nette. Et, contrairement aux eiders, les oies ne pondent pas de nouveaux oeufs si elles perdent les premiers...

source : Maarten Loonen
Sale temps pour les oies !