De rebondissement en rebondissement, et d'ours en ours... ça se complique de jour en jour
Le Gouverneur et l'Institut polaire norvégien viennent de nous apprendre que des analyses ADN avaient été demandées sur un prélèvement de matière fécale déposée par l'ours qui était venu au centre-ville le 26 décembre (on a dû le faire chier, autrement dit) et un échantillon prélevé sur l'ours tué après sa visite à l'entrée de la ville le 1er janvier...
eh bien... c'était 2 ours différents mais 2 mâles... tout le monde reste un peu sur le cul
Du coup, on ne sait que dire de l'ours venu au centre-ville le 28... était-ce le même que l'ours du 26, ou le même que celui du 1er, ou même un 3e ours allez savoir... on ne sait plus que croire.
L'ours qui était à Hotellneset, près de l'aéroport, jeudi soir et qui est mort après avoir été endormi, était une femelle, donc c'est encore un autre ours... ça devient alarmant
On ne sait que dire de l'ours de Bolterdalen qui s'est frotté à des touristes... était-ce le même que celui du 26 décembre. On ne le saura jamais... toujours est-il que celui-là est toujours en vadrouille et on espère bien qu'il a pris ses distances.
Ce qui a "surpris" le chercheur de l'Institut polaire norvégien qui été contacté par le journal local, c'est que l'ours du 26 est un ours qui n'est pas connu d'avant. Son ADN ne correspond à aucun des nombreux ours référencés et quasiment tous les ours qui traînent habituellement sur Spitsbergen, les ours "locaux", sont enregistrés. Il est possible, toutefois, que cet ours ait été "capturé lors de la dernière saison de marquage parce qu'ils n'ont pas encore reçu tous les résultats. ça date du printemps mais il n'y a pas d'urgence donc les analyses sont faites quand le labo n'a rien d'autre de mieux à faire.
Il y a actuellement beaucoup plus de glace autour de Spitsbergen que ces dernières années. Qui dit glace, dit ours. Les ours se déplacent sur la glace qui leur est offerte au grès des odeurs de phoques portés par les vents, et ce n'est donc pas trop étonnant qu'on ait plus d'ours dans notre secteur qui est en général pauvre en glace et "déserté"... ce n'est pas pour nous rassurer ! Mais heureusement, il fait un peu plus "jour" dans la journée et si on a un visiteur il sera plus facile de le repérer et le surveiller.
Et pour finir, une photo glauque mais qui est en fait une happy story quelque part

photo empruntée à la présentation de Jon Aars au Svalbardseminar 2020, je présume que c'est lui qui a pris la photo
Triste de voir un ours mort mais cette femelle était connue et est morte à l'âge de 26 ans ce qui est plutôt un record dans la nature. Difficile de dire morte de sa belle mort parce que vu sa maigreur, l'agonie a dû être longue mais mort naturelle. Svalbard est un des rares endroits où les ours ont une bonne chance de mourir naturellement, contrairement au Canada, Alaska, Groenland où la chasse sélective concerne surtout les adultes dans la force de l'âge.
Nos ours locaux, par contre, finissent souvent mal et, rencontrant plus de gens, ont plus de (mal)chance de se retrouver dans une situation qui leur est fatale.